Ces aides que les artistes ignorent (et qui pourraient tout changer)
Un grand merci à Étienne Nicolini pour sa présentation inspirante lors de notre soirée du 28 mai !
Le financement de la musique ne repose plus uniquement sur les ventes ou les streams. Il existe aujourd’hui tout un écosystème d’aides publiques et parapubliques que tout artiste sérieux se doit de connaître. Le 28 mai dernier, Étienne Nicolini nous a offert un tour d’horizon limpide et précieux de ces dispositifs, voici l’essentiel à retenir.
Le CNM, pierre angulaire du soutien à la filière
Créé en 2020 sous tutelle du ministère de la Culture, le Centre national de la musique est l’organisme central qui soutient l’ensemble de la filière : artistes, labels, salles, festivals, managers, éditeurs, disquaires. L’affiliation est gratuite, à renouveler chaque année, et ouvre l’accès à un large panel d’aides : aide à la création, à l’écriture, accompagnement de carrière, soutien à la tournée pour les artistes ; financement d’album, développement, promo et export pour les labels ; transition écologique et modernisation pour les salles et festivals.
À noter : le crédit d’impôt phonographique permet de récupérer 30 % des dépenses éligibles — studio, enregistrement, mixage, mastering, vidéo, promotion, frais de tournée liés au développement.
Les sociétés de gestion collective : bien les distinguer
Plusieurs organismes coexistent, chacun avec un rôle précis :
SACEM — Protège les œuvres (compositions, paroles). Elle collecte et redistribue les droits d’auteur dès qu’une musique est diffusée (radio, concert, streaming, lieux publics). Elle finance aussi créations, tournées, export et propose des bourses.
ADAMI — Représente les artistes-interprètes (chanteurs, musiciens, comédiens). Elle gère les droits voisins : chaque passage d’un enregistrement en radio ou lieu public génère une rémunération distincte pour l’interprète. Aides aux tournées, showcases, festivals, production et promotion.
Spedidam — Même logique de droits voisins, mais historiquement orientée vers les musiciens de session et d’accompagnement. Aides aux tournées, festivals et diffusion.
SPPF — Représente les producteurs phonographiques indépendants. Si vous produisez un master, vous pouvez percevoir des revenus à chaque diffusion. Elle soutient la production d’albums, les clips, la promotion, l’export et les tournées.
Les collectivités territoriales
La Région Grand Est et l’Eurométropole de Strasbourg complètent ce dispositif national en finançant directement la création de spectacles et leur diffusion. Ces aides locales sont souvent plus accessibles et constituent un premier levier concret pour les artistes émergents.
Pourquoi les subventions sont-elles vertueuses ?
Au-delà de l’aspect financier, les subventions jouent un rôle structurant pour les carrières. Elles réduisent la barrière à l’entrée pour des projets non immédiatement rentables (premiers albums, résidences, créations expérimentales), et elles forcent à se professionnaliser : obtenir une aide implique de tenir une comptabilité propre, formaliser des budgets, contractualiser ses équipes et respecter ses obligations sociales. Dans un secteur où les revenus sont discontinus, elles permettent de construire des carrières progressives et de sécuriser l’embauche de techniciens et d’intermittents.
Payer vos artistes correctement : le rôle de l’OGACA
Pour engager un musicien dans les règles, la démarche est simple via l’OGACA : vous fixez le cachet, transmettez les informations, validez, puis payez l’organisme. L’OGACA se charge du contrat, de la déclaration préalable à l’embauche, de la fiche de paie, et des déclarations auprès de l’URSSAF, Audiens et France Travail. Une solution clé en main pour être en règle sans complexité administrative.
Un grand merci à Étienne Nicolini — nicolini.etienne@gmail.com — pour la clarté et la générosité de sa présentation. Un vrai service rendu à toute la communauté artistique.